Bien acheter, bien rénoverle guide de la qualité du logement

L'isolation acoustique du logement

Généralités

Le confort acoustique de l’habitation est un volet très important de la qualité de vie, car le bruit nuit à la qualité de la concentration le jour et peut perturber le repos nocturne, jusqu’à devenir une véritable menace pour la santé.

Le confort acoustique de l’habitation est déterminé par deux paramètres :

  • le niveau sonore de l’environnement,
  • la qualité acoustique de la construction.

Le confort ressenti est également influencé par un 3ème paramètre tout aussi important, qui est celui de la sensibilité personnelle de l’occupant au bruit. Il s’agit là d’une disposition personnelle (qui peut varier dans le temps). Si vous la reconnaissez chez vous, elle doit vous conduire à faire preuve d’une très grande vigilance dans le choix de votre habitat, pour évaluer les deux paramètres ci-dessus (environnement sonore et qualité acoustique de l’habitation).

Le niveau sonore de l'environnement

Le cas des environnements particulièrement bruyants est traité plus loin, qu’il s’agisse de la proximité d’une importante infrastructure de transports (grande route, aéroport) ou de bruits de voisinage liés à des comportements anormaux).

Ces cas mis à part, le niveau sonore perçu dans l’habitat provient des différentes sources de bruit extérieures :

  • les bruits aériens extérieurs causés par la circulation, les piétons, l’activité, etc.,
  • les bruits aériens intérieurs causés par les voix, la télévision, la radio… chez les voisins,
  • les bruits d’impact qui correspondent à des chocs sur les murs ou les planchers (ex : les pas des voisins du dessus),
  • les bruits d’équipement (machinerie d’ascenseur, robinetteries...). 

 Ces bruits peuvent s’avérer gênants s’ils sont distinctement entendus : bruit continu d’une autoroute dans le lointain lorsque les fenêtres sont ouvertes, émergence d’un bruit lors de l’arrêt de l’ascenseur à l’étage la nuit, perception de la conversation des voisins, gêne due à une télévision trop bruyante.

Autant le niveau sonore de l’environnement extérieur peut être connu avec une certaine précision en se rendant sur place à différents moments, autant les bruits de voisinage dans l’immeuble sont difficiles à prévoir, car ils varient en fonction du renouvellement des occupants : personnes âgées, familles avec jeunes enfants, célibataires, etc.

PROPAGATION DES SONS

Les bruits extérieurs se propagent dans l’habitation par les ouvertures de celles-ci (fenêtres ouvertes par exemple) ou par la mise en vibration des parois, qui transmettent ensuite le bruit à l’intérieur : fenêtres essentiellement, mais aussi toitures et parois.

Les bruits aériens intérieurs au bâtiment (voix, télévision) se propagent par les différents éléments de la construction : murs, cloisons, sols. Les bruits d’impact (talons sur le sol) et d’équipements (ascenseur, chasse d’eau) se propagent de la même façon.

La propagation du son est arrêtée selon 2 techniques :

  • l’utilisation d’une paroi ayant une forte masse. C’est le cas par exemple de murs séparatifs entre appartements réalisés en béton ou de dalles de plancher réalisées avec ce matériau. Cette solution ne traite pas toutefois le bruit d’impact ;
  • l’utilisation de l’effet masse-ressort-masse (cas des fenêtres à double vitrage dissymétrique ou des cloisons légères sur ossature comportant un isolant acoustique intérieur).

L’absorption du bruit causé par des impacts sur le sol suppose l’interposition d’une sous-couche souple qui est parfois intégrée au produit : moquette ou sol souple, ou parfois placée sous le revêtement de sol : parquet flottant, carrelage sur sous-couche, chape ou dalle flottante.

La qualité acoustique de l'habitation

La qualité acoustique de l’habitation tient aux dispositions architecturales (orientation et taille des fenêtres en particulier) et aux matériaux et produits utilisés. Elle est aussi très fortement influencée par la réglementation acoustique.

En France, la première règlementation acoustique pour l’habitation date de 1969, pour une application dès 1970. Toutes les constructions antérieures à cette date n’offrent aucune garantie de qualité minimum.
Les constructions anciennes, antérieures à la guerre de 1939-1945, peuvent être de qualité satisfaisante. Mais les constructions d’après-guerre, jusque dans les années 70, sont en général de qualité acoustique médiocre.

La situation s’est améliorée avec l’arrêté du 14 juin 1969. Celui-ci exigeait un isolement minimum entre pièces principales de logements différents, et des circulations communes, une limitation des bruits de pas des voisins, et des bruits de ventilation, de chaufferie et d’ascenseur.
Depuis cette date, on trouve beaucoup plus de séparatifs et de planchers en béton plein et des revêtements de sol qui amortissent le bruit des pas, comme la moquette, les dalles vinyle sur sous couche et les carrelages sur sous couche « résiliente » (souple).

Cette réglementation a été révisée par les arrêtés du 28 octobre 1994 et modifiée par les arrêtés du 17 juillet 1999. La règlementation de 1994, applicable en 1996, introduit de véritables exigences de qualité. Globalement, les exigences ont été relevées, surtout pour ce qui concerne les bruits d’impact.

De plus, deux exigences supplémentaires sont apparues : un isolement minimum vis-à-vis des bruits de l’extérieur, quelle que soit l’exposition, et l’obligation de placer des matériaux absorbants dans les parties communes afin d’en limiter la réverbération. La révision de 1999 est une révision technique qui prend en compte les nouveaux indices exigés par l’Europe, mais qui ne change rien aux niveaux des exigences.

Le cas des gênes sonores importantes

Sont visées ici 2 situations :

  • le bruit des transports,
  • les bruits anormaux de voisinage.

LE BRUIT DES TRANSPORTS

Il s’agit du bruit causé par une infrastructure importante (autoroute, aéroport…).

Si le bâtiment est antérieur à l’infrastructure de transport (autoroute, aérodrome), il impose au gestionnaire de la nouvelle infrastructure de limiter le bruit en façade des constructions en prenant à sa charge des travaux de protection. Au contraire, si le bâtiment est à construire, c’est le maître d’ouvrage du bâtiment qui doit prévoir un isolement de façade suffisant.

Pour vos projets d’achat immobilier ou de travaux, consultez le plan de la gêne sonore – PGS. C’est un document d’urbanisme qui fait une cartographie des niveaux de bruits extérieurs générés par les aéroports. Certaines villes ont déjà publié leur cartographie du bruit qui concerne les quatre types de bruit : avions, trafic routier, trafic ferré, installations industrielles.

LES BRUITS DE VOISINAGE

Ce sujet est traité ici bien qu’il ne s’agisse pas d’un problème de construction, mais en général, d’un problème d’une autre nature.

De façon générale, ces bruits sont concernés par le décret 2006-1009 du 31 août 2006 du code de la santé publique, mais le constat des troubles est différent selon qu’il s’agisse de bruits de comportement ou de bruits d’activité. Ce décret mentionne notamment que : « aucun bruit particulier ne doit, par sa répétition ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l’homme ».

On peut distinguer tout d’abord les bruits liés aux comportements anormaux, à l’intérieur ou à l’extérieur des bâtiments. Ils sont traités dans le code de la santé publique, et en particulier dans les articles R. 1334-31, R. 1337-7 à R. 1337-10-1. Le constat des troubles se fait sans mesure acoustique. L’article R. 623-2 du Code pénal est destiné aux tapages ayant lieu de nuit. Il ne s’agit pas seulement des bruits audibles depuis la voie publique, mais de tous les bruits audibles d’un appartement à un autre.

Par ailleurs, d’autres textes traitent des bruits des activités industrielles, artisanales et de loisir. Le constat des troubles doit faire l’objet d’une mesure, qui est décrite dans l’arrêté du 5 décembre 2006. Des articles spécifiques du code de la santé publique traitent des bruits de chantier, en particulier l’article R. 1337.

Pour en savoir plus, contactez le Centre d’information et de Documentation sur le bruit – CIDB – ou bien consultez son site internet.

Le CIDB est une association loi de 1901 créée en 1978, dépendant du ministère chargé de l’Ecologie. Il a pour but d’informer et d’assister les particuliers dans leurs problèmes liés au bruit.

Notre conseil

Veillez à ne pas être vous-même une source de gêne acoustique pour vos voisins. Dans une construction de qualité acoustique moyenne, faites attention : évitez de marcher avec des chaussures de ville ou à talons, écoutez la musique ou la télévision à un niveau sonore modéré, évitez le bricolage en soirée.

Pour en savoir plus, consultez le site du Centre d'Information et de Documentation sur le Bruit (CIDB)

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